La France éteint la Lumière

Au XVIIe siècle, en France, un courant de pensée voit le jour, héritier des débats philosophiques de la Renaissance sur la place de l’Homme dans la société. La Renaissance avait contribué, contre l’hégémonie de l’Eglise et les tyrannies européenne, à penser l’Homme au centre du système. Ce courant de pensée qui explose au XVIIIe siècle, c’est le courant « des Lumières ». Ce mouvement fut le départ de la Révolution Française, de la Révolution Américaine, et plus généralement fut la « Lumière » pour le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes.

Ce sont ces principes universels qui fondent notre République. C’est la considération du peuple, de l’humain, c’est le devoir d’éduquer, d’élever les conscience, de libérer les peuples de la prison de l’ignorance, ce sont ces grands et beaux idéaux qui sont à l’origine de ce qu’est notre pays aujourd’hui. Ou plutôt: à l’origine de ce qu’il devrait être.

La France des révolutions. Celle de 1789, celle de 1848, celle de la Commune. La France du Front Populaire, celle de la résistance, celle Voltaire, de Zola, de Victor Hugo, de Danielle Mitterrand. La France qui n’oublie pas sa devise: Liberté, Égalité, Fraternité, ni ses principes profonds. Celle qui ne se vautre pas dans les rideaux de la Ve République, celle qui ne cède pas à l’Empire et qui résiste à la tentation totalitaire, celle qui ne va pas se prostituer à Obama en échange d’une caresse.

Car le droit des peuples à disposer d’eux-même, c’est aussi le droit de savoir. Le devoir pour le pouvoir politique de ne pas tenir le peuple à distance, de le considérer, non comme une masse bête et ignorante, mais comme des êtres humains doués de conscience.

Ce mois-ci, nous avons appris que les USA espionnent des millions de citoyens dans le monde, mais aussi des Etats, des gouvernements, des institutions, avec la complicité de géants d’internet. Il s’agit de la plus grande affaire d’espionnage de l’Histoire. La plus grave. Et cette affaire a été révélée grâce au courage d’un homme, Edward Snowden. Un homme qui a le courage, aujourd’hui, de faire face à la machine à broyer qu’est le régime autoritaire nord-américain. Chelsea Manning, autre lanceuse d’alerte, en fait actuellement les frais. Cet homme demande aujourd’hui l’asile politique, afin de sauver sa vie, et son honneur. Et c’eut été le nôtre que d’accepter cette demande, au nom de notre Histoire, de notre République, de nos révolutions. Au nom de nos principes. Car cet homme n’est rien de moins que Voltaire, Rousseau, Zola, Victor Hugo, un homme considérant que les peuples ont le droit de disposer d’eux-mêmes. De savoir. De comprendre.

Aujourd’hui, la France à rejeté cette demande.

Aujourd’hui, la France a éteint la Lumière.

Il nous reste donc à la rallumer.

Vite, une 6e République!

Sincères Condoléances,
Oskar Kermann Cyrus,
Citoyen de Sodome et Gomorrhe.

Les imbéciles ou le Larousse

« Populisme n.m 1. Attitude politique consistant à se réclamer du peuple, de ses aspirations profondes, de sa défense contre les divers torts qui lui sont faits.

2. Idéologie et mouvement politique des années 1870, en Russie, préconisant une voie spécifique vers le socialisme.

3. Idéologie de certains mouvements de libération nationale, notamment en Amérique Latine.

4. Mouvement littéraire qui s’attache à la description de la vie des milieux populaires. »

Dictionnaire Larousse.

Depuis quelques temps, on traite tout le monde de populiste. Tout le monde s’entend : n’importe qui, de l’extrême droite à la gauche, n’importe qui, et surtout Jean-Luc Mélenchon. Ces imbéciles ont seulement oublié une base fondamentale à tout discours, politique ou nom: la précision.

Commencer par la définition du dictionnaire de référence de la langue Française permet de remettre certaines choses à leur place. Quand Jean-Luc Mélenchon s’assume populiste, c’est dans le respect de cette définition, qui montre à mon sens deux chose: la première est qu’il n’y a pas de honte à s’assumer populiste, puisqu’il s’agit de « se réclamer du peuple, de ses aspirations profondes, de sa défense contre les divers torts qui lui sont faits« , de l’évocation des mouvements de libération d’Amérique Latine (Chavez, et bien sûr Morales qui vient d’abaisser l’âge de la retraite de 65 à … 58 ans, et 56 ans pour les mineurs), d’une « voie spécifique vers le socialisme« , tout ce qu’il y a de plus humaniste en politique, et de plus sincère ; La deuxième chose, c’est que quiconque méprise le populisme (tel que défini dans le dictionnaire) méprise de fait le peuple lui-même, et donc pour tout politique, cela revient à mépriser ses employeurs.

Car cette conjuration des imbéciles oublie une chose: c’est que le peuple tient leur petite et misérable vie entre ses mains propres. Il suffit d’un bulletin de vote pour les envoyer en Enfer, dans l’oubli si redouté de la vie politique française. Ils oublient une chose: mépriser celui qui fait attention au peuple, c’est se soumettre à la colère du peuple.

Pourquoi cette méprise? Tous des imbéciles. Des journalistes aux politiques, aucun de ces valeureux crétins n’a pris la peine de se lever de son gros fauteuil confortable pour consulter un dictionnaire dans leur bibliothèque – en ont-ils seulement un ? La paresse, la démagogie (un vrai mal), le mensonge (une constante), … la bêtise? On attend toujours une réponse. On a beau essayer de les éduquer, de leur rappeler, patiemment, le véritable sens du mot, ils sourient bêtement et répètent, inlassablement « Mélenchon, populaire ou populiste? » alors que ces deux mots, loin de s’opposer, se complètent.

Alors à ce moment là, quand devant les urnes on s’apprête à juger chacun, non sur les mensonges des autres mais sur leur vérité, il faudra choisir entre deux options: Les imbéciles, ou le Larousse.

Sincères condoléances,

Oskar K Cyrus