2012 : Vrak de Kampagne

Première Kronique du Vrak de Kampagne. Dans 100 jours, c’est le premier tour. Dans le cadre de mon soutien plus ou moins actif à la campagne du Front de Gauche aux élections présidentielles et législatives, cette Kronique irrégulière reviendra sur les évènements qui auront retenus mon attention. Et pour 2012, je n’ai pas du tout l’intention de mieux structurer mes articles, alors suivez, bande de mous du bulbe. Lire la suite

Ces politiques qu’il faut faire taire

Bonne droite "saucisson pinard", très copain avec Vanneste, il avait survécu trop longtemps à mon indulgence. Monsieur Jacques Myard est en effet un délinquant récidiviste. Jamais condamné parce que placé du bon côté du pouvoir, il s’est trouvé un terrain de jeu assez vaste pour que son neurone putride s’y sente à l’aise : l’homophobie. En 1998, déjà, il comparait l’homosexualité à la zoophilie (ce qui me fait beaucoup rire, quand on sait que grand nombre de gros porcs de son âge aiment appeler leur femme "ma chienne" pendant l’accouplement). Le voilà récidivant en assimilant l’homosexualité à une "perversion sexuelle" (notion assez creuse, soit dit en passant, pour y mettre en vrac l’homosexualité et le sado-masochisme, ainsi que d’autres pratiques sexuelles qui existent depuis bien plus longtemps que la sainte mère de cet homme). Je vous laisse un instant savourer ses propos, tenus sur la radio de "gentils gauchistes" (sic) du Mouv’.

"Pas du tout, j’ai dit ceci ; on me dit qu’il faut prendre en compte l’homosexualité parce qu’elle existe. J’ai dit qu’à ce moment-là, toutes les perversions sexuelles… Le zoophile existe, vous allez le prendre en compte ?"

Voilà voilà. Mais le bonhomme va plus loin. Non content de courir derrière la prose agitée des plus grands démocrates du vingtième siècle (je pense aux propos délicieux de feu Himmler sur la même question), il transforme l’homophobie, délit avéré, en opinion libre d’être exprimée – comme l’approuvera certainement Bruno Wiel, victime d’agression homophobe (doux euphémisme : humiliation, coups, torture et viol) – en lançant, débile et fier :

"J’ai le droit de le penserD’autres pensent le contraire. Il est sûr en tous cas que la civilisation s’est développée sur l’hétérosexualité."

La grande question de la civilisation n’est là, ne vous-y trompez pas, que pour faire joli, c’est une très belle fioriture, mais de piètre qualité, quand on sait que de récents dessins érotiques homosexuels ont été découverts à l’intérieur de ce que le commun des mortels appelle "grottes préhistoriques", et que selon les experts (de nos ancêtres, et non de l’érotisme), ils sont authentiques. La civilisation, mon cher, est autre chose de plus grand que la simple procréation, où l’homme possède la sacro-sainte virilité, et la femme le rôle tout bête de matrice sur patte – en plus jolie pour que ces messieurs puissent bander. Mais la perle la plus grosse est cette première phrase : "J’ai le droit de le penser". Et bien non, monsieur Myard, vous n’avez pas le droit. Il faut cesser de présenter l’homophobie déguisée sous de plus beaux atours, d’une tolérance de façade digne des plus grandes pensées de la vieille Boutin ; il faut affirmer, comme la République le prévoit que l’homophobie, comme discrimination (et l’on est bien dans ce registre, mon bon monsieur) n’est pas une opinion, mais un délit, au même titre que le racisme et l’antisémitisme.

Alors je vous laisse sur le profond dégoût que m’inspire cet homme, sa sale ordure d’idéologie rétrograde et passéiste, discriminatoire et injuste. Qu’il aille se faire chouchouter par les nouveaux avatars de l’extrême-droite identitaire, par les envoyés de Dieu, par les pleutres du Vatican. Et tenez, pourquoi ne pas se réserver une chambre avec Moubarak, le grand "socialiste" démocrate Egyptien, qui emprisonne les homosexuels depuis trente ans. En tout cas, chers électeurs, à la prochaine élection, veuillez déboulonner ce grand crétin qui ose se prétendre élu du peuple, en excluant au passage ceux qu’il ne trouve pas assez propres.

Sincères Condoléances,

Oskar K Cyrus

PS [edit] : Pardonnez mon oubli, j’ai oublié de citer la meilleure sentence de notre ami : "Messieurs les homos des deux sexes, foutez-nous la paix ! " Je vous laisse la prononcer à voix haute…

Lettre au Conseil Constitutionnel

Je ne vous salue pas, et cela me paraît assez évident. Vous venez de confirmer et d’assumer le mépris qu’a votre loi et votre constitution envers les gens comme moi. Les "déviants", comme vous devez sans-doute penser. Sans doute ne lirez-vous pas cette lettre, et même si vous l’avez un jour entre les mains, sous les yeux, vous ne dépasserez pas les premières lignes. Grand bien vous fasse. D’autres la liront et vous jugeront comme moi. Vous venez vous-même de saper votre autorité, vous ne valez plus rien, pantins utiles vous étiez, pantins inutiles vous devenez, pantins crétins vous serez.

Aujourd’hui, vous avez confirmé l’interdiction du mariage homosexuel. Les homosexuels sont donc, à votre sens, inférieurs à votre "norme". Norme qui, comme l’ont montré de nombreuses études scientifique, n’existe pas. Vous êtes un peu comme ceux qui croyaient que les juifs étaient inférieurs, ou les noirs, ou les arabes, ou les autres… Oui, souvenez-vous de la déportation homosexuelle, car vous venez de les déporter une deuxième fois.

Bientôt, peut-être, vous exigerez que l’on porte un triangle de couleur rose. Bientôt, peut-être, pour aller au bout de votre logique, vous nous interdirez certains lieux, certaines places dans un bus ou dans un métro. Bientôt, vous nous parquerez dans un camp. Mais rassurez-vous, vous n’aurez pas à nous tuer.

Car par votre ignoble décision vous venez de cautionner cet holocauste silencieux qui se passe sous vos yeux. Ces jeunes homosexuels qui se suicident parce qu’ils sont persuadés d’être des monstres. Soyez heureux, alors, cela va s’accélérer, les morts vont pleuvoir et bientôt vous aurez un monde plus propre. Et j’espère que chaque jour, quand vous vous regarderez dans votre glace, vous verrez ces corps pendus dans la blancheur décrépie de votre sourire. Moi-même, chères marionnettes, je suis tenté. Mais moi, chères marionnettes, je suis une idée. Bien plus qu’un squelette recouvert de chair. Moi, chères marionnettes, je vous méprise.

Alors je vous avertis. Je ne respecterai la loi que quand la loi me respectera. Je respecterai votre constitution quand votre constitution me respectera. Mais ne croyez pas que je vous respecterez un jour, car moi, chères marionnettes, je n’oublie pas. Je ne pardonne pas.

Sincères condoléances,

Oskar K Cyrus