Sur la tombe de mon frère

Il y a un pèlerinage que je fais chaque fois que mes pas me mènent à Paris. Et ma tête reste dans le brouillard tant que je ne l’ai pas accompli. Moi qui pourtant déteste toute forme d’habitude – ces traditions au rabais que chacun prend pour une obligation, s’occupant plus que les mains et le corps : l’esprit et la tête, s’empêchant de réfléchir à tout prix sur cette absurde existence, sur cette improbable vie qui nous mène comme cela, tanguant sur une barque pourrie, vers la mort la plus proche ou l’agonie plus lointaine  - moi qui déteste faire semblant d’être humain sachant parfaitement que je suis un monstre, chaque fois, pourtant, je me rends sur sa tombe. Lire la suite