Retour aux Enfers

Il est singulier qu’à chaque retour je promette que ce soit le dernier départ. Cela rate chaque fois. Les Enfers, c’est cet oubli douillet qui fait passer le temps plus vite qu’un tube à la radio. En 3 minutes 30 j’ai parcouru trois mois, quatre mois, bientôt cinq et me voilà hors de vue. Lire la suite

Autocrucifixion

Crucifixion


!Avertissement!

Le texte qui va suivre, par sa violence et les fausses vérités qu’il peut véhiculer, pourrait atteindre très sérieusement les esprits les plus sensibles. Il est bien convenu que l’auteur se dégage de toute responsabilité quant aux immondices contenues dans cet exercice. L’écrivain ne pouvant être tenu responsable de la société toute entière. En lisant ce texte, certaines personnes fragiles psychologiquement pourraient réaliser un peu tard qu’elles sont véritablement inutiles sur Terre. Le lecteur s’engage donc à porter la totale culpabilité de sa lecture jusqu’à sa mort, et au delà.

- Introduction -

Je ne veux pas être un bâtard de la vie ratée. Si je dois pourrir ma vie, autant en faire une œuvre d’art. Si je dois voler, autant être cet Icare et brûler mes ailes d’avoir trop voulu égaler le soleil. Je serai l’anti-tout, et surtout l’anti-moi : j’incarnerai le mal-être, le mal-vivre et le mal-agir jusque dans mes pas ; en tout lieu et en toute circonstance, je serai ce mauvais poète jouissant dans son bain de scies, saignant par toutes les veines le vide d’une vie gâchée.

Ma vie, c’est MON OEUVRE, et celle du hasard. Je me plais à cette place de martyr de par laquelle il m’est facile de pleurer sans raison, et toujours finir par m’exaspérer moi-même. C’est le comble de l’égocentrisme, car ça n’est pas seulement se vanter de faux mérites et crier sur tous les toits à quel point il y a du génie dans notre prose insipide, c’est aussi savoir hurler de douleur pour attirer la compassion… et ne récolter que du vide.

Je n’ai pas d’autre but que d’être une croix plantée dans vos yeux inutiles, pas d’autre rêve que de devenir la principale souffrance de votre petite cervelle. Je suis l’antéchrist roi, fils de la bête et des quatre éléments, je suis votre nouveau christ, parrain rêvé de vos petites dépressions, coupant vos nerfs de mes clous rouillés, je suis la maladie qui infecte vos veines certainement déjà sales, je vous tue, je vous tue avant mon éternelle Auto-crucifixion. Régner, oui, régner sur vous, tas d’imbéciles.

- Chapitre 1 : Souverain Mépris / Reine Condescendance -

Sur Terre, il n’y a qu’une évidence: la supériorité. Sur vous, masse intolérante, sur vous, triste vomissure divine, sur vous, enfin, laideur insensée du visage humain. Ici, sur Terre, une piètre évidence. Ici, seulement ici, juste un peu au dessus de l’enfer, un étage plus haut, un étage plus haut et, plus haut, juste avant l’ennui.

Je m’ennuie de vous. Je m’ennuie de vous, mais vous m’avez amusé. Un temps. Un temps assez long, cependant. Je m’ennuie de vous, j’ai assez vu vos grimaces, j’ai assez vu vos faces écrasées m’admirer, j’ai assez vu vos verrues, vos plaies, vos rides. J’ai assez vu la bouche tordue de vos suppliques, et celle plus laide encore de vos amours crasses, j’ai assez vu votre race.

De ce terrorisme laid vous m’avez dégoûté. A quoi bon attendre de vous une réaction, légumes, cloportes, ombres sales sur mon corps, à quoi bon vous attendre quand vous ne comprenez pas. Ne comprenez pas. Rien. Pas le moindre mot de la moindre phrase. Pas la moindre phrase du moindre poème, pas le plus petit vers jeté vers vous, pas même l’injonction naïve qu’un temps j’ai craché : Soyez LIBRES!

Je suis au dessus et je vous vois vous tordre. Et le rire pour moi est la condescendance des fous. Sale masse raclée par tous vos supérieurs, vos nuages, vos maîtres, esclaves ravagés par la drogue de la soumission, petits rats sans queue, petits rongeurs en laisse. EN LAISSE! Et taisez-vous. Cessez vos piaillements imbéciles. Cessez vos plaintes, vos cris, vos jouissances enchaînées. Écrasez-vous sous mon pas conquérant, je suis libre, moi seul libre, et Dieu ici n’est qu’un errant. Erreur non maîtrisées de vos petits tourments. Créateurs de désordre vous êtes créatures sans racines. Dieu votre illusion n’est qu’un pantin sans fond et moi, créateur d’ombre, créature de lumière, je vous tiens en laisse.

Rampez, Rampez.

Lisez, Lisez.

Vous êtes: ESCLAVES. Esclaves.

Au bout d’une chaîne, une laisse au cou, humiliés comme vous l’êtes, vous n’osez pas: CRIER.

C’est sûrement cela, le vrai triomphe, se trouver grand au milieu de tant d’imbéciles.

Chapitre 2 : Criante Haine / Douce Cruauté

Je te vois. Le malin. Toi, là-bas, qui me regarde. Qui s’éloigne. Lâche. Je te déteste, je te hais. Je n’y peux rien, tu n’es rien. Une poussière éphémère dans l’oeil abimé de mon coeur. Va-t-en. Amen.

Je te vois. Le vaurien. Poussière abîmée dans l’oeil aiguisé de mon coeur. Va-ten. Reste enchaîné à ta sale face. Je te hais, je te hais, ne t’en va pas. Reste. Reste.

Je te vois. La riante bête, cornue jouflue hésitante. Toi, là-bas, oeil affirmé sur la corne râpée de mon coeur. Reste. Te ruiner sur mon corps, amen, je te l’avais dit, mon Dieu, ne t’approche pas.

Je te vois. A travers ton corps, à travers ton coeur, au travers la sale couleur de tes entrailles, ne te mets pas, s’il-te plait, ne te mets pas en travers mon chemin, je te hais, tu le sais, je te hais. Toi le malin vaurien bête hésitante cornue jouflue, vaurien, lézard maudit, vaurien, lézard, maudit, va-t-en ; amen.

Au travers la tempête du sang de tes yeux. La brume rougie de tes illusions nerveuses. Tes tremblements. Tes sales spasmes vomissants.

Abîme toi sur mon corps. Explose tes entrailles en peinture sur mon mur. J’ai les dents rouges de ton sang, mon sourire écarlate, je t’aime, tu sais, je t’aime, tu le sais, je te dévore, tu me hais.

Chapitre 3 : Mensonge / Hypocrisie

(Voir avertissement au début de ce texte)

Chapitre 4 : Inutile Morale / Artère Immorale

Le courant passe. Tu peux arrêter. Tu peux stopper ici l’opération, elle est bien ouverte, elle va crever. Je vois dans son rouge l’énergie qui pulse de moins en moins, je vois, je crois voir dans ses yeux la baleine grise de la drogue agir sur sa cervelle mouillée. Elle est Criminelle, la reine qu’il fallait punir. Contraire à nos lois, elle l’a fait, elle a payé, elle est morte.

Amen.

Exécution sommaire. Je vois le résumé à la Une des journaux. Les gros titres gras qui dégoulinent sur son déshonneur, et qui salissent, ou purifient, le corps criblé de Criminelle. La putain, la putain, elle l’avait fait, elle avait mérité, elle a eu ce qu’il fallait.

Monstre, monstre, je bat le rythme qui lui fait mal. Monstre. Monstre. Putain de désordre dans la drogue dans ma tête. Putain de désordre enivrant des baleines grises de mes yeux. Putain d’Océan qui tourne sans prévenir. Exécution sommaire. On m’a tiré dans la tête.

C’est le retour d’Artère. Le retour de bâton de couteau de vieillesse. La conscience immorale des rois criminels. On se tient par la main et au bout du chemin, on se frappe, on se tue, on attend, et… Plus rien.

L’ultravoix a pris mon coeur. Sanglant sacrifice dérisoire. Petite brisure du quotidien. Petite fêlure dans ma tête. C’était le retour de l’Artère. Le retour de voix, du chemin de fer. Le retour dans ma vie, dans ma ville immorale, j’ai perdu, j’ai saigné, je suis mort, mais… En vain.

Retour, ma chère Usurpation

Autocrucifixion. Et si tout s’arrête, c’est que tout a saigné. Je n’ai plus de sang, plus de veine, plus de retour dans mes artères. Les clous rouillés me grattent un peu les mains, mais il n’y a plus rien, le voile noir qui s’étend au loin.

Je te vois, Marie, toi qui prie bêtement comme ça, à mes pieds. Je vais en enfer. Je vois le rouge au bout du tunnel gris, la lumière, Marie, ce n’est plus pour moi, j’ai arrêté, c’est trop, j’ai arrêté.

Le Pardon? Je me fous du pardon des autres, Comme celui de Dieu. Je n’ai que faire de vos lamentations.

Du haut de ma croix, je domine le monde. Je suis martyr, Auto-Martyr, flagellé par ma bonne volonté. Je suis votre maître, et vous vous prosternez. Vous n’avez que ça à faire. Sans moi, le monde n’est rien.

Sans moi, le monde…

Autocrucifié

 

Les imbéciles ou le Larousse

"Populisme n.m 1. Attitude politique consistant à se réclamer du peuple, de ses aspirations profondes, de sa défense contre les divers torts qui lui sont faits.

2. Idéologie et mouvement politique des années 1870, en Russie, préconisant une voie spécifique vers le socialisme.

3. Idéologie de certains mouvements de libération nationale, notamment en Amérique Latine.

4. Mouvement littéraire qui s’attache à la description de la vie des milieux populaires."

Dictionnaire Larousse.

Depuis quelques temps, on traite tout le monde de populiste. Tout le monde s’entend : n’importe qui, de l’extrême droite à la gauche, n’importe qui, et surtout Jean-Luc Mélenchon. Ces imbéciles ont seulement oublié une base fondamentale à tout discours, politique ou nom: la précision.

Commencer par la définition du dictionnaire de référence de la langue Française permet de remettre certaines choses à leur place. Quand Jean-Luc Mélenchon s’assume populiste, c’est dans le respect de cette définition, qui montre à mon sens deux chose: la première est qu’il n’y a pas de honte à s’assumer populiste, puisqu’il s’agit de "se réclamer du peuple, de ses aspirations profondes, de sa défense contre les divers torts qui lui sont faits", de l’évocation des mouvements de libération d’Amérique Latine (Chavez, et bien sûr Morales qui vient d’abaisser l’âge de la retraite de 65 à … 58 ans, et 56 ans pour les mineurs), d’une "voie spécifique vers le socialisme", tout ce qu’il y a de plus humaniste en politique, et de plus sincère ; La deuxième chose, c’est que quiconque méprise le populisme (tel que défini dans le dictionnaire) méprise de fait le peuple lui-même, et donc pour tout politique, cela revient à mépriser ses employeurs.

Car cette conjuration des imbéciles oublie une chose: c’est que le peuple tient leur petite et misérable vie entre ses mains propres. Il suffit d’un bulletin de vote pour les envoyer en Enfer, dans l’oubli si redouté de la vie politique française. Ils oublient une chose: mépriser celui qui fait attention au peuple, c’est se soumettre à la colère du peuple.

Pourquoi cette méprise? Tous des imbéciles. Des journalistes aux politiques, aucun de ces valeureux crétins n’a pris la peine de se lever de son gros fauteuil confortable pour consulter un dictionnaire dans leur bibliothèque – en ont-ils seulement un ? La paresse, la démagogie (un vrai mal), le mensonge (une constante), … la bêtise? On attend toujours une réponse. On a beau essayer de les éduquer, de leur rappeler, patiemment, le véritable sens du mot, ils sourient bêtement et répètent, inlassablement "Mélenchon, populaire ou populiste?" alors que ces deux mots, loin de s’opposer, se complètent.

Alors à ce moment là, quand devant les urnes on s’apprête à juger chacun, non sur les mensonges des autres mais sur leur vérité, il faudra choisir entre deux options: Les imbéciles, ou le Larousse.

Sincères condoléances,

Oskar K Cyrus