Ces politiques qu’il faut faire taire

Bonne droite "saucisson pinard", très copain avec Vanneste, il avait survécu trop longtemps à mon indulgence. Monsieur Jacques Myard est en effet un délinquant récidiviste. Jamais condamné parce que placé du bon côté du pouvoir, il s’est trouvé un terrain de jeu assez vaste pour que son neurone putride s’y sente à l’aise : l’homophobie. En 1998, déjà, il comparait l’homosexualité à la zoophilie (ce qui me fait beaucoup rire, quand on sait que grand nombre de gros porcs de son âge aiment appeler leur femme "ma chienne" pendant l’accouplement). Le voilà récidivant en assimilant l’homosexualité à une "perversion sexuelle" (notion assez creuse, soit dit en passant, pour y mettre en vrac l’homosexualité et le sado-masochisme, ainsi que d’autres pratiques sexuelles qui existent depuis bien plus longtemps que la sainte mère de cet homme). Je vous laisse un instant savourer ses propos, tenus sur la radio de "gentils gauchistes" (sic) du Mouv’.

"Pas du tout, j’ai dit ceci ; on me dit qu’il faut prendre en compte l’homosexualité parce qu’elle existe. J’ai dit qu’à ce moment-là, toutes les perversions sexuelles… Le zoophile existe, vous allez le prendre en compte ?"

Voilà voilà. Mais le bonhomme va plus loin. Non content de courir derrière la prose agitée des plus grands démocrates du vingtième siècle (je pense aux propos délicieux de feu Himmler sur la même question), il transforme l’homophobie, délit avéré, en opinion libre d’être exprimée – comme l’approuvera certainement Bruno Wiel, victime d’agression homophobe (doux euphémisme : humiliation, coups, torture et viol) – en lançant, débile et fier :

"J’ai le droit de le penserD’autres pensent le contraire. Il est sûr en tous cas que la civilisation s’est développée sur l’hétérosexualité."

La grande question de la civilisation n’est là, ne vous-y trompez pas, que pour faire joli, c’est une très belle fioriture, mais de piètre qualité, quand on sait que de récents dessins érotiques homosexuels ont été découverts à l’intérieur de ce que le commun des mortels appelle "grottes préhistoriques", et que selon les experts (de nos ancêtres, et non de l’érotisme), ils sont authentiques. La civilisation, mon cher, est autre chose de plus grand que la simple procréation, où l’homme possède la sacro-sainte virilité, et la femme le rôle tout bête de matrice sur patte – en plus jolie pour que ces messieurs puissent bander. Mais la perle la plus grosse est cette première phrase : "J’ai le droit de le penser". Et bien non, monsieur Myard, vous n’avez pas le droit. Il faut cesser de présenter l’homophobie déguisée sous de plus beaux atours, d’une tolérance de façade digne des plus grandes pensées de la vieille Boutin ; il faut affirmer, comme la République le prévoit que l’homophobie, comme discrimination (et l’on est bien dans ce registre, mon bon monsieur) n’est pas une opinion, mais un délit, au même titre que le racisme et l’antisémitisme.

Alors je vous laisse sur le profond dégoût que m’inspire cet homme, sa sale ordure d’idéologie rétrograde et passéiste, discriminatoire et injuste. Qu’il aille se faire chouchouter par les nouveaux avatars de l’extrême-droite identitaire, par les envoyés de Dieu, par les pleutres du Vatican. Et tenez, pourquoi ne pas se réserver une chambre avec Moubarak, le grand "socialiste" démocrate Egyptien, qui emprisonne les homosexuels depuis trente ans. En tout cas, chers électeurs, à la prochaine élection, veuillez déboulonner ce grand crétin qui ose se prétendre élu du peuple, en excluant au passage ceux qu’il ne trouve pas assez propres.

Sincères Condoléances,

Oskar K Cyrus

PS [edit] : Pardonnez mon oubli, j’ai oublié de citer la meilleure sentence de notre ami : "Messieurs les homos des deux sexes, foutez-nous la paix ! " Je vous laisse la prononcer à voix haute…