Finalement, un goût de vinaigre

Bach GraffitiFinalement, j’écris. Il y a des jours, comme celui-là, où la plume m’attrape par surprise. Ce n’était pas prévu. Et puis, finalement, je n’ai rien d’autre à faire, rien d’autre que de donner mon avis – mon avis qui n’intéresse personne – sur des sujets qui mériteraient sans doute une attention plus précise, une analyse plus poussée. Mais j’ai entendu, à la radio, sur le net, le Venezuela, la Barjot et ses frigides, les médias et leurs mensonges, l’élan du 5 mai, le climat nauséabond. Finalement – sans arrêt ce mot s’impose – je me suis aperçu que profiter d’un tel climat pour ajouter un peu de fiel dans l’air du temps ne pouvait plus nuire à mon karma, lui qui est déjà si bas que l’Enfer, à côté, est un paradis (fiscal). Lire la suite

Les imbéciles ou le Larousse

"Populisme n.m 1. Attitude politique consistant à se réclamer du peuple, de ses aspirations profondes, de sa défense contre les divers torts qui lui sont faits.

2. Idéologie et mouvement politique des années 1870, en Russie, préconisant une voie spécifique vers le socialisme.

3. Idéologie de certains mouvements de libération nationale, notamment en Amérique Latine.

4. Mouvement littéraire qui s’attache à la description de la vie des milieux populaires."

Dictionnaire Larousse.

Depuis quelques temps, on traite tout le monde de populiste. Tout le monde s’entend : n’importe qui, de l’extrême droite à la gauche, n’importe qui, et surtout Jean-Luc Mélenchon. Ces imbéciles ont seulement oublié une base fondamentale à tout discours, politique ou nom: la précision.

Commencer par la définition du dictionnaire de référence de la langue Française permet de remettre certaines choses à leur place. Quand Jean-Luc Mélenchon s’assume populiste, c’est dans le respect de cette définition, qui montre à mon sens deux chose: la première est qu’il n’y a pas de honte à s’assumer populiste, puisqu’il s’agit de "se réclamer du peuple, de ses aspirations profondes, de sa défense contre les divers torts qui lui sont faits", de l’évocation des mouvements de libération d’Amérique Latine (Chavez, et bien sûr Morales qui vient d’abaisser l’âge de la retraite de 65 à … 58 ans, et 56 ans pour les mineurs), d’une "voie spécifique vers le socialisme", tout ce qu’il y a de plus humaniste en politique, et de plus sincère ; La deuxième chose, c’est que quiconque méprise le populisme (tel que défini dans le dictionnaire) méprise de fait le peuple lui-même, et donc pour tout politique, cela revient à mépriser ses employeurs.

Car cette conjuration des imbéciles oublie une chose: c’est que le peuple tient leur petite et misérable vie entre ses mains propres. Il suffit d’un bulletin de vote pour les envoyer en Enfer, dans l’oubli si redouté de la vie politique française. Ils oublient une chose: mépriser celui qui fait attention au peuple, c’est se soumettre à la colère du peuple.

Pourquoi cette méprise? Tous des imbéciles. Des journalistes aux politiques, aucun de ces valeureux crétins n’a pris la peine de se lever de son gros fauteuil confortable pour consulter un dictionnaire dans leur bibliothèque – en ont-ils seulement un ? La paresse, la démagogie (un vrai mal), le mensonge (une constante), … la bêtise? On attend toujours une réponse. On a beau essayer de les éduquer, de leur rappeler, patiemment, le véritable sens du mot, ils sourient bêtement et répètent, inlassablement "Mélenchon, populaire ou populiste?" alors que ces deux mots, loin de s’opposer, se complètent.

Alors à ce moment là, quand devant les urnes on s’apprête à juger chacun, non sur les mensonges des autres mais sur leur vérité, il faudra choisir entre deux options: Les imbéciles, ou le Larousse.

Sincères condoléances,

Oskar K Cyrus