Maxime Chattam vous vend (cher) un gros numéro du Nouveau Détective

91Rz-JCK1dL._SL1500_malakodanul2Rarement un aussi mauvais livre aura été doublé d’un délire idéologique aussi nauséabond. J’ai pourtant lu presque tous les thrillers de Chattam, mais les autres se contentaient d’être de bons divertissements, un peu gores, flirtant peut-être un peu trop avec cette pseudo-science qu’est la criminologie, obsession américaine à chercher une explication à son taux de criminalité qui n’implique pas le système en lui-même. La Trilogie du Mal est désormais un classique du genre, même s’elle vieillit mal, et se lit plutôt bien les soirs d’orage. La patience du Diable, dernier méfait de Maxime Chattam, squatte les têtes de gondoles de toutes les librairies avec la promesse de vous offrir le même frisson. Afin de vous éviter de payer cher cet épais torchon, je l’ai lu pour vous.
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Demain Berlin, roman d’un écrivain vivant

demainberlin coupdecoeurmkOscar Coop-Phane est un type énervant. Un jeune con prétentieux qui clame à qui veut l’entendre qu’il ne lit « que les auteurs morts », autrement dit qu’il est assez stupide pour se passer du puissant vertige de Joyce Carol Oates ou de la verve vénéneuse de Marc-Edouard Nabe. Notons qu’avec l’allongement de l’espérance de vie ses lectures vont finir par se faire rares : il est certainement le seul lecteur sur Terre à avoir accueilli la mort de Garcia Marquez par un élégant : « Putain c’est pas trop tôt ! » Lire la suite

Marc-Edouard Nabe, "Au régal des vermines"

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Il y a en France toute une liste d’écrivains que de grands intellectuels comme Caroline Fourest ou Gérard Miller nous entraînent quotidiennement à détester sans les lire. Nabe fait partie de ceux-là, peut-être même est-il au sommet de cette liste. Nabe. Marc-Edouard Nabe. Pseudonyme d’Alain Zannini, fils de Marcel Zanini, guitariste à ses heures perdues et surtout : écrivain. Grand écrivain, pour être tout à fait honnête. Et pourtant, si ses livres traînent dans les bibliothèques, c’est dans l’Enfer, là où personne n’ira les chercher. Pourquoi ? Parce qu’à son nom est systématiquement accolé un mot : « antisémite ». Dans la vieille bourgeoisie intellectuelle de Saint-Germain-des-Prés, lire Nabe est interdit, proscrit, défendu, et en dire du bien vous promet, vous aussi, à l’Enfer. Finalement aucune différence entre ce clergé-là et le Vatican : une nuée d’évêques accrochés à leurs certitudes comme Monaco à son rocher. Lire la suite

Louise Erdrich brise le silence

dans le silence du ventBrillant !Les romans de Louise Erdrich sont de ceux qui vous frappent à l’estomac et vous laisse un bleu à l’âme longtemps après. Ils sont une main qui tantôt caresse, tantôt frappe, ils sont forts et doux, tortueux et directs, nourris par la colère du peuple Amérindien, de ses blessures, d’une Histoire douloureuse, mais aussi d’une culture riche, vivante, foisonnante. Héritière d’une tradition orale ancestrale, la littérature de Louise Erdrich réveille pour nos yeux l’âme d’une Amérique qui existait bien avant l’arrivée des premiers colons. Son dernier roman, Dans le silence du vent, qui a reçu l’an dernier le prestigieux National Book Award, est certainement l’un des plus forts d’une auteure déjà comparée à William Faulkner, Toni Morrison et Gabriel Garcia Marquez.

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L’appel du coucou : J.K. Rowling sous couverture

 

Je suis un véritable amoureux de polar. En général, j’aime bien le polar à l’ancienne, le polar tendance Thierry Jonquet ou Fred Vargas, avec ce bon vieux personnage de détective très singulier, ses lumières, ses démons, cette ambiance mouillée de la pluie et de la lumière des lampadaires, la ville et ses coins sombres… Et puis ce morceau de Jazz que j’entends toujours, à la Nestor Burma, ce sax mélancolique dont la musique s’écoule sur le pelage d’un chat de gouttière… Polar. La tendance sociale, aussi, à expliquer le crime, non par la méchanceté pure, mais par la vie et l’usure. Seulement ces derniers temps, le polar a cédé à la tendance très américaine du thriller. Le thriller, c’est un peu de polar, pas mal de sang, et si dedans vous arrivez à mettre une secte satanique et des sacrifices humains, vous gagnez le jackpot. Je ne jette la pierre à personne, il m’arrive d’en lire, c’est fun, c’est dégoûtant, ça fait un peu peur, bref : c’est distrayant. Mais ça devenait stupide. Une sorte de mimétisme : tout le monde écrivait son thriller. Alors quand j’ai entendu que J.K Rowling, sous le pseudonyme de Robert Galbraith, avait écrit un polar « à l’ancienne » acclamé par la critique, et bien, j’ai sauté dessus.

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Votre serviteur,

Malakoda

"La grâce des brigands" – Véronique Ovaldé

Avant toute chose, je dois avouer que, ayant lu la plupart de ses livres, je suis un véritable fan de Véronique Ovaldé. Ainsi, cette critique sera tout sauf objective, et de toute manière, une critique objective, c’est un peu comme un mauvais Vargas : ça n’existe pas. L’objectivité, c’est ce grand concept creux qui permet surtout à des journaux de faire passer leurs idées politiques sous une neutralité de façade (suivez mon regard). Ainsi, la meilleure critique littéraire qui puisse exister est une critique subjective, ou du moins qui ne fait pas semblant de ne pas l’être, mais qui donne assez d’éléments au lecteur (oui, toi, chéri) pour que celui-ci puisse s’en faire lui-même une idée. Le but du critique n’est pas de rallier le lecteur à sa cause, mais de faire acheter un livre en échange de quelques pots-de-vin de la part de l’éditeur (Non, je blague, mais si un éditeur est intéressé, on peut vous envoyer par mail le numéro d’un compte en Suisse). Le but du critique, disais-je avant d’être lamentablement interrompu par moi-même, est de donner son avis, donc d’avertir le lecteur qu’il manquerait un chef d’œuvre à ne pas lire ce livre, ou au contraire qu’il perdrait de précieuses minutes de vie, voire même une conséquente somme d’argent, à se procurer cette ignoble bouse, tout cela en lui laissant la liberté de décider par lui-même de suivre, ou non, notre divin critique. (…)

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Votre serviteur,

Malakoda