Unis pour l’Art Dégénéré

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Les vacances sont terminées. Après plus d’un mois de silence, les fascistes qui ont saccagé le Tree de Paul McCarthy place Vendôme m’ont sorti de la torpeur, de la paresse, de la vie tranquille qui s’écoule loin de tout. Je n’ai écouté que partiellement les informations, je ne veux plus rien savoir de ce monde qui plonge, je n’ai qu’une existence et l’urgence de vivre. Mais le monde me rattrape, le rôle de celui qui écrit étant – entre autres choses – de le détruire plus vite qu’il ne se détruit lui-même, l’Art me semble alors le dernier bastion à défendre jusqu’à la mort. Lire la suite

Il faut sauver la Demeure du Chaos

La photo présente ici il y a peu a été retirée après réclamation de l’auteur. Nous sommes désolé qu’un artiste photographe soit borné au point de ne pas vouloir faire connaître son travail, puisqu’il était évidemment crédité en fin d’article, crédit qui était accompagné d’un lien vers son blog. Nous trouvons par ailleurs ironique qu’il veuille faire retirer une photographie d’un lieu qui fait actuellement l’objet d’une censure indigne, et dont le message d’alerte mérite d’être entendu. Mais que voulez-vous, Money makes the world go round.

Il y a quelques jours, je vous parlais dans un article de l’ignorance de Françoise « CSA » Laborde, de son incapacité à comprendre l’Art et du danger qu’elle et ses sbires représentent pour la démocratie et la liberté de création. Aujourd’hui, ce danger menace une oeuvre d’exception. Ou plutôt, plus de 4500 oeuvres d’Art sont menacées de destruction pour… non respect du code de l’urbanisme. Il est urgent d’agir. Lire la suite

Censeurs, j’irai cracher sur vos tombes

CSA

Tous les censeurs du monde font la même stupide erreur. Pourtant, ce que les bonobos médiatiques appellent bêtement « l’effet Streisand » n’a pas été inauguré par les inquiétudes (cependant fondées) d’une chanteuse connue sur une exposition un poil trop intrusive de sa vie privée. Ce phénomène devrait porter le nom plus pertinent du ministre du peuple et de la propagande du IIIe Reich : « l’Effet Goebbels ». Autant vous dire que les nouveaux défenseurs d’un « Art acceptable », et donc pourfendeurs d’un « Art dégénéré » ont manqué quelques heures d’Histoire. Alors Françoise, si par un curieux hasard tu me lis, ouvre grand ce qui te reste de cervelle. Lire la suite

Pomme Camille, des corps qui brûlent.

Une mort très douce

Une mort très douce, d’après Simone de Beauvoir

Des corps. Des corps qui brûlent. L’évidence de ce titre m’est apparu avec le travail de l’artiste Pomme Camille. Rencontrée par hasard sur internet, au cours d’une de mes errances, elle est une personnalité insaisissable. L’existence de ce billet a été évoqué plusieurs fois, ainsi que l’entretien qui l’accompagne. Je ne pouvais imaginer faire l’un sans l’autre. Je veux-dire: une artiste avec un tel talent pour rendre beau ce qui est atroce a nécessairement des tas choses chouettes à raconter. Et vous le savez, maintenant, l’atroce est mon créneau. Mon angle. Ma maison. Le coin où je trouve le plaisir de créer. Et j’ai visiblement trouvé ma soeur dans les arts visuels. Lire la suite

La déviance en étendard

Helnwein / Manson (2003)

Helnwein / Manson (2003)

De la Bible à Mein Kampf, de Minute au Figaro, tous les torchons du monde vous ont montré qui exclure, et avec qui baiser.

La « déviance » est une notion de sociologie variable, donc creuse, désignant les comportements « non conformes aux normes sociales. » En clair, tous les montons noirs qui ne suivent pas les bons précepts de « l’entrepreneur de morale »: l’exemple à suivre, le gentil, le chevalier blanc. Comme toutes les notions accouchées par les porteurs d’une sacro-sainte morale, le mot se décline : « Déviance morale », désigne souvent les opinions politiques considérées comme dangereuses par le pouvoir en place (bien souvent : le communisme) ; « déviance sexuelle » désigne toute pratique sexuelle non reproductive, mais souvent bien plus saines que les bordels juvéniles de l’Eglise ; « déviance artistique » désigne toute oeuvre non conforme à l’insipide soupe culturelle moraliste souvent dirigée par l’Eglise (ou autre courant sectaire)… etc. Chaque siècle à sa déclinaison, de la « déviance politique » à l’infâme « déviance idéologique ». Prétexte des pires génocides, complice des plus grands massacres, ce simple alibi fait encore les beaux jours de quelques dictateurs, de Benoit XVI  à Mubarak, en passant par Ahmadinejad. Lire la suite