Mémoire d’un Amnésique

Deux heures avant la nuit

Moi et ma mémoire. Ambroise broie du noir. Je bois du noir. Moi et ma mémoire d’amnésique, comme mes yeux vides, ma mémoire blanche, ma mémoire cocaïne.

Envie de me foutre en l’air, de me planter dans le décor. Filer vite, très vite entre les doigts du destin. Comme si j’insultais le futur, comme si je lui crachais au visage.

Le con, fallait pas me provoquer, je vais le tuer, le futur, comme le temps, je vais le tuer.

Mais quel passé, je n’agis que par le désespoir. Un peu de blues et le vague à l’âme. Soudain, un accord me déchire les tripes, c’est le mauvais son, celui qui n’a rien à faire là.

J’éteins, je dors.

Adieu. Lire la suite

Stephen King: le fascisme sous le « Dôme »

Il est assez courant de penser Stephen King comme un simple écrivain divertissant. Tout juste lui accorde-t-on le génie nécessaire pour raconter de bonnes histoires d’horreur. Stephen King est pourtant un écrivain majeur de la littérature américaine. Ses livres ne s’arrêtent pas à la description talentueuse de phénomènes surnaturels, mais dessinent toujours une fresque sociale minutieuse, portée par des personnages profonds et complexes, fresque décrivant les rapports souvent compliqués entre classes et générations, les coulisses plus sombres du « rêve américain », et l’individualisme profondément ancré dans la culture nord-américaine. Dôme, colossal roman de plus de 1000 pages, n’échappe pas à cette règle, mais est aussi et surtout une terrifiante chronique de la montée du fascisme. Lire la suite

VraK de Kampagne: Toulouse rouge d’espérance

Jeudi 5 Avril, Toulouse avait des couleurs de révolution. Je m’y trouvais par hasard, en fait, rendant visite à un vieil ami. Je savais, bien sûr, l’importance de cette date. Le premier rassemblement sur la Place du Capitole en 60 ans. Le dernier, c’était en 1959, le Général de Gaulle venait désarmer la résistance. Il était temps que l’on vienne la réarmer. Rallumer la flamme de la révolte, et souffler sur les braises. Bien entendu, il y a avait le défi, immense, de remplir la place du capitole, pour une force politique que l’on disait « marginale » il n’y a pas tellement longtemps, et qui il y a encore un mois, n’était crédité dans les sondages que de 8%. Il fallait rassembler au bas mot 25 000 personnes. Lire la suite