Vrak de Kampagne : Nos rêves les plus rouges

Deuxième Vrak de Kampagne, écrit dans l’ivresse du départ pour la Bastille. Mais en attendant de vous croiser Dimanche à 14h place de la Nation à Paris, départ de la marche du Front de Gauche pour une sixième république, j’ai décidé de vous livrer des impressions en vrak, vague brouillon de ce qui a retenu mon attention ces deux derniers mois, où je ne vous ai pratiquement rien écrit.

Je vous dois tout d’abord quelques explications sur mon absence. Vous savez, écrire pour certains, c’est automatique, cela vient comme marcher, faire le ménage ou la cuisine, rien qu’une petite habitude. Pour moi, c’est une obsession, une nécessité. Vous voyez le type avec son coeur mécanique, son pacemaker, ou cet autre qui ne peut survivre sans sa perfusion, l’héroïnomane qui crève sans sa dose ; et bien je suis comme eux. Un malade. Le genre de type pas terminé à qui il manque quelque chose. Alors quand ma main refuse d’écrire ce qui frappe dans ma tête, c’est la page blanche. Et cette page blanche, c’est comme un coma. Tant que je n’écris pas, je n’existe pas.

"Il se passe quelque chose".

Cette phrase, je l’ai souvent croisée ces derniers temps. En effet, depuis son époustouflante prestation à l’émission "Des paroles et des actes" sur France 2 en Janvier, Jean-Luc Mélenchon a vu sa côte de popularité exploser (et je parle du ressenti de la rue, par des militant dont j’ai lu les témoignage ci et là sur la toile, et non de la voyance superficielle et réductrice d’instituts véreux payés pour manipuler la sacro-sainte "opinion publique" avec des chiffres fabriqués, chiffres dont on ne peut que constater la constante instabilité). Et parfois, les premiers surpris sont les militants eux-mêmes, étonnés d’un accueil souvent plus que chaleureux, et même vraiment enthousiaste. En effet depuis cette émission, tout a basculé, une "onde de choc" qui a propulsé la campagne du Front de Gauche dans une dimension moins figurative. Désormais, le Front de Gauche organise les meetings de gauche les plus grands depuis 1981. A Nantes, ils étaient 6000, un chiffre que Jean-Marc Ayrault, maire de la ville, aurait tenu à se faire confirmer par trois fois auprès de la direction du Zénith. presque 5000 à Besançon quand le record pour un meeting, toutes tendances politiques confondues, était de 2000. Puis 10 000 à Villeurbanne, autant le lendemain à Montpellier. La semaine dernière, ils étaient de nouveau 10 000 à Rouen. Et encore 8500 à Clermont-Ferrand cette semaine, soit un Zénith plein à craquer. Je vous conseille d’ailleurs de visionner l’excellent discours que Jean-Luc Mélenchon a prononcé ce soir là (prenez du pop-corn, Le Pen en prend plein son grade. Regardez aussi le discours de Rouen):

Alors bien sûr, les brillants éditorialistes qui se pavanent quotidiennement en tête des colonnes, je parle des Joffrin, des Barbier, et autres Franz-Olivier quelque chose, ces gens que je ne lis qu’entre deux pages de Stephen King pour rigoler un peu avant de replonger dans l’horreur (il se trouve que le livre de lui que je lis en ce moment, "Dôme", va bientôt faire l’objet d’une longue et élogieuse critique de ma part, je vous en reparlerai certainement via les réseaux sociaux), bref, ces gens inintéressants et souvent à la limite de l’analyse imbécile marabou-bout-de-ficelle…etc ont développé à longueur d’article l’hypothèse un peu cru-cruche selon laquelle les gens qui venaient assister aux meeting du Front de Gauche ne venaient que pour ce que ces brillants défenseurs de la langue française appellent le "Mélenshow" (je ne vous cache pas ma consternation face à une imagination si pauvre dissimulant à peine un mépris assez gerbant), en gros, ces gens "plutôt bourgeois" resteraient plus de deux heures debout pour voir le "show" d’un homme politique… heureusement, cette analyse époustouflante, étayée par des témoigna… Non, je blague, bien entendu ce n’est justifié par aucune observation, et cela n’a d’ailleurs convaincu personne. Vous remarquerez que lorsqu’on était à 5% dans les sondages, quand ils parlaient de Mélenchon c’était pour dire qu’il était populiste et incapable de rassembler, mais maintenant qu’on est à 11%, notre succès est fictif, réduit par ces petits esprits en un spectacle, un simple divertissement pour une classe "bourgeoise" (oui, oui, c’est ce qu’ils disent, "bourgeoise") en manque de sensations fortes. Alors comme visiblement ces plumitifs mononeuronaux n’ont pas compris de quoi ils parlent, je vais un peu leur expliquer.

Si la campagne du Front de Gauche a du succès, ce n’est pas simplement à cause de la personnalité de Jean-Luc Mélenchon. Bien sûr cela a joué, sa manière passionnée d’aborder toute sorte de sujets attire l’attention sur nos idées. Si cette campagne a du succès, c’est aussi grâce aux discours. Les meetings du Front de Gauche sans Jean-Luc Mélenchon attirent aussi beaucoup de monde, en témoigne le meeting de Toulouse fin Janvier, avec une Halle aux Grains pleine à craquer. Mais si les discours attirent, ce n’est pas par hypnose, c’est parce qu’ils sont sincères, et qu’au lieu des habituelles ruses de com’ dont le but est souvent de développer le mot "rien" en un discours d’une heure, et bien on a des idées. Un travail passionnant d’éducation populaire, sur l’économie, l’Histoire, la philosophie, distillant même au fil des discours de la littérature et de la poésie. Et plus que tout cela, une idée fixe, nette, de l’avenir de la France, un horizon défini, une vision globale de la politique à appliquer pour sortir de la crise et émanciper l’humain. Non, messieurs (et oui, à ma connaissance, ces  êtres fascinants de bêtises sont tous des hommes), les discours de Jean-Luc Mélenchon ne sont pas des "shows" (concept qui vous permet assez facilement de ne pas parler du fond), mais des démonstrations.

FN, la vermine fasciste baisse les yeux

Oui, cette semaine l’éternelle comédie des 500 signatures est terminée. Ce faux suspens, entretenu par des médias faussement naïfs, médias participant bêtement à la victimisation de ce parti méprisable et dégénéré, aura duré tout de même quelques mois. Sauf que ce spectacle, que l’on peut trouver vaguement divertissant sur le début, a tendance à lasser au bout de quelques dizaines d’années. La vérité, c’est que le vieux borgne nous fait le coup depuis – environ – sa naissance, et la seule nouveauté cette année, c’est la tête du borgne : il est devenu blonde, il se trémousse en massacrant Dalida (la vérité c’est que je n’aimais pas Dalida jusqu’à ce qu’il le chante, depuis j’éprouve de la compassion envers cette pauvre femme) sur une chaîne d’info sous les yeux (et les oreilles, du coup) sidérés des journalistes, et fait même semblant de pouvoir regarder des deux yeux (chose médicalement impossible pour un borgne, vous voyez… enfin….). Bref, il se déguise pour essayer de séduire mais son sourire est toujours aussi moche, et sa gerbe toujours aussi nauséabonde. Il a même essayé d’effacer la croix gammée tatouée sur le front (elle est un peu plus subtile, celle-là) mais c’est en vain, le FN reste un parti de haine, et Le Pen un vieux borgne fasciste. Et cette entreprise de dédiabolisation aurait pu continuer à ronronner tranquillement si le Front de Gauche et Mélenchon n’avait pas attaqué frontalement le borgne blonde (au début c’est bizarre de dire ça comme ça, mais on s’y habitue). Ainsi le mois dernier, Mélenchon est venu débattre avec Marine, et… Bref, elle n’est pas repartie entière, et cela fait vraiment longtemps qu’on attendait ça:

Quand je dis fasciste, c’est en vérité loin d’être un titre que je décerne à la légère. Et deux évènements l’ont prouvé : la valse de Marine à Vienne en compagnie de néo-nazis notoires, et la clôture d’un discours du vieux borgne par une citation de l’écrivain collabo Robert Brasillach (chose qui aurait pu passer complètement inaperçu dans les médias si le Front de Gauche n’avait pas attiré l’attention dessus). Marine, qui s’est donné un mal de chien à convaincre ses skins de se laisser pousser les cheveux (ou même de porter une perruque, peu importe) et de baisser le bras droit (ou de lever les deux, c’est moins visible comme ça), n’a pas résisté à l’invitation d’un club très fermé de charmants nazillons dans un pays – l’Autriche – jamais vraiment dénazifiée, où lever le bras est pratique courante puisque l’extrême droite locale réussit même à le faire au sein de l’assemblée (j’ai perdu la photographie de ce moment que l’on aurait pu confondre avec un autre si elle n’était pas en couleurs). Je peux vous dire que Marine jubilait dans sa robe brune, toutes dents au vent, au bras d’un type pour qui la promotion ultime serait d’être nommé sturmbannführer. Quelques jours plus tard, dans un discours à Lille, son pôpa trouva judicieux de citer un type fusillé à la libération pour collaboration active avec les Nazis, et qui avait notamment écrit : "Il faut se séparer des juifs en bloc et ne pas garder les petits."

Nicolas et son jumeau maléfique

Franchement, voir toutes ses âmes innocentes faire semblant de découvrir que Sarkozy est d’extrême-droite, ça me sidère. Pour ma part, ça fait 10 ans que je le sais, et je ne suis pourtant pas un génie (bon d’accord, un peu quand même). Sa campagne de 2007 ne puait pas assez? Vous souvenez vous de cet entretient puant qu’il a eu dans je ne sais plus trop quel magazine, et dans lequel il disait qu’il y avait un gêne de la délinquance et que les "suicidaires" étaient génétiquement faibles? Non? Bande d’irresponsables, l’amnésie vous va si bien… Il a pourtant fait une campagne mêlant eugénisme, xénophobie, atteinte aux libertés individuelles, se révélant être un fanatique dangereux ne voulant le pouvoir que pour satisfaire son ego de dictateur contrarié. Je me souviens d’un pamphlet paru dans l’excellent hebdomadaire Politis à l’occasion des cent jours du p’tit, et dans lequel Nicolas était appelé "Bouffon Imperator", un titre qui lui va décidément comme un gant.

Mais la véritable info de cette campagne, c’est que Nicolas a un jumeau maléfique. Oui, en fait, ce type qui ne prend que des mauvaises décisions depuis cinq ans, l’ami des riches, le crétin bling-bling beauf qui se fait chier à la comédie française et qui trouve les caissières trop stupides pour lire La princesse de Clèves, c’est son jumeau maléfique. Celui qui sauve le pays, le monde et la galaxie, c’est Nicolas. D’aucun pourrait un petit peu hâtivement conclure sur un dangereux dédoublement de la personnalité (d’abord il n’a pas vraiment besoin de double personnalité pour être dangereux). Non. Ce type n’est pas fou. Son conseiller en com’, si. Parce que s’il croit vraiment que les Français vont gober cette histoire à dormir debout (je veux dire: les jumeaux maléfiques, en vrai, ça n’existe pas, si?), c’est qu’il est tout de même un peu déconnecté de la réalité.

Résumons: le type qui a dirigé le pays pendant cinq ans c’est le jumeau maléfique ; l’agité du bocal qui se présente et qui a la même apparence (la même taille, les mêmes talonnettes et les même tics qui te donnent l’impression de regarder Canal en crypté) c’est Nicolas. Jusque là, même si c’est vraiment un coup de com’ désespéré, c’est plutôt cohérent. Ce que je ne comprends pas, c’est comment on peut avoir une préférence entre les deux. Parce que l’ancien, bon, on a assez fait le bilan de son mandat désastreux pour que je m’épargne la centaine de page nécessaire à cette lourde entreprise. Mais le nouveau, vous le trouvez mieux, vous? Prenez, au hasard, le meeting de Villepinte, qui a rassemblé entre 30 000 et 80 000 personnes (oui, apparemment on est pas des matheux à l’UMP). Nicolas faisant huer les étrangers et les chômeurs par une foule de crétins vociférants, sorte d’humanité dégénérée ne comprenant plus des valeurs aussi simples tels que la compassion, la fraternité et l’altruisme, en bref cette sorte d’humanité qui ne comprend plus la civilisation mais l’animalité des bas-instincts. Voyez quand j’ai vu ça, cela ne m’a pas étonné. Mais ce qui m’a fait peur (parce que vous avez beau être prévenu, après toutes ces années la peur reste intacte), c’est la banalité du mal. Le fait que cette réunion de fascistes ne choque pas vraiment. On s’habitue. On encaisse des coups plus durs, et le reste nous paraît normal. En dix ans, Nicolas Sarkozy aura fait reculer l’intelligence jusqu’à parfois l’enterrer en deçà du Moyen-Âge. En dix ans ce petit avorton méprisable aura fait reculer le pays et oublier au peuple ce qui a fait la république: les Lumières et la révolution contre l’obscurantisme et l’omniprésence de la religion.

La déception socialiste

Alors face à ces fléaux, le Parti Socialiste trouve facile de faire campagne. Il suffit d’être contre. Et quand je dis le parti socialiste, je veux parler de Hollande puisqu’il a l’air de tout faire tout seul : on n’entend que du "je", on ne voit quasiment plus le poing à la rose, et il semble noyé dans un décor où il y a à mon goût beaucoup trop de bleu et beaucoup trop de blanc, et pas assez de rouge. Le projet? Bancal, flou, tout plein de bonnes intentions et de paroles creuses, mais surtout plein de renoncement: pas de hausse du smic significative, fin de la retraite à 60 ans, rigueur budgétaire, pas de sortie de l’OTAN… et j’en passe des meilleurs. Alors il y a évidemment la dose d’improvisation mal maîtrisée inhérente au problème d’avoir un projet trop flou pour qu’il tienne debout : à l’instar de Sarkozy en 2007, il n’y a aucune vision de la France, juste la promesse d’une gestion du pays au jour le jour, en essayant de voguer sur les effets de la crise, sans trop tanguer. Donc quand Mélenchon passe à 10%, Hollande veut taxer les riches! Bien entendu, il va trop vite et s’emmêle les pinceaux,  puis commence à faire tout un tas d’exceptions, pour les footballeurs…etc Ensuite, il ne pense pas à raccorder cette brillante mesure avec le reste de son programme. Car avec cette nouvelle mesure, celui qui gagne 999 990 € par an est taxé à 45%, mais celui qui gagne 10€ de plus est taxé à 75%! c’est complètement absurde mais personne ne semble l’avoir remarqué (à part le Front de Gauche et Mélenchon qui en a fait la démonstration à Rouen).

Alors je préviens les camarades socialistes: ne soyez pas étonné si vous perdez. Ce ne sera pas de la faute du Front de Gauche, mais de la vôtre. Vous n’aurez pas su convaincre de simples électeurs de gauche, comme moi, qui ne demandent rien d’autre qu’une véritable politique de gauche, et pas des discours vidés de toute substance où se mêlent bonnes intentions creuses et phrases malheureuses (par exemple : "la justice, c’est ne reconnaître que la seule valeur du mérite", phrase que l’on n’attendait pas vraiment dans un discours de gauche). Franchement, vous pensez que je pourrai voter pour un programme que je vais combattre pendant cinq ans? Parce que vous ne pensez pas, je l’espère, me faire avaler l’austérité et la fin de la retraite à 60 ans, quand même, si?

Voilà, je crois que j’ai tout dit.

Sincères condoléances,

Oskar Kermann Cyrus

Une réflexion sur “Vrak de Kampagne : Nos rêves les plus rouges

  1. A vos âmes, citoyens !

    Nous sommes le peuple
    A la veille des élections
    Nous voudrions nous adresser à nos représentants
    Président, sénateurs, députés, maires ou gouverneurs
    Faut-il vous rappeler que vous êtes… nos serviteurs
    On vous a choisi pour nous servir et non pour vous servir!
    Nous sommes le pouvoir
    Vous n’êtes que les porte-parole du pouvoir
    Vous nous devez donc
    Conscience, obéissance et excellence
    La conscience, c’est la faculté de distinguer entre l’essentiel et l’inessentiel
    Entre l’âme de l’État et les états d’âme
    L’obéissance c’est la faculté de distinguer entre l’ordre et le désordre,
    Entre l’ordre général et les désordres particuliers
    L’excellence c’est la faculté de distinguer entre le possible et l’impossible
    Entre ce que je veux et ce que je peux.
    Apprenons-leur que nos fins importent plus que tous les moyens
    Et la manière plus que toute la matière
    Le peuple est UN et indivisible
    Il ne veut plus entendre parler de divisions, ni de soustractions
    Il est le seul artisan de son heure et de son bonheur
    Il ne supporte plus les partisans
    Ni de gauche… ni de droite… ni de droite… ni de gauche
    Ni d’autre centre d’intérêt que l’intérêt général
    La politique ne peut plus être une dogmatique
    Mais sera une pratique fondamentalement éthique
    Qui vise le bien commun et en même temps le bien de chacun
    Monsieur le futur président… de la cause publique
    Sachez que l’État c’est moi
    Que je suis le ROI… le peuple ROI
    Qui peut à tout moment changer de laquais
    Reléguer ses délégués
    Substituer un valet à un autre valet
    Je suis plein aux as
    Parce que je suis la lumière, l’énergie, la masse
    Avec ses trois mots de passe
    Liberté – égalité – fraternité
    Ou la mort… devrais-je rajouter !
    Je vous annonce la création de la sixième République
    Avec une constitution active et interactive
    Qui va faire de ses gouvernants de simples subordonnés
    Condamnés à consulter chaque jour le peuple qui les a nommés.
    A vos âmes, citoyens !
    http://www.lejournaldepersonne.com/2012/03/le-peuple-roi/

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