Nuit de cristal sur la culture : police VS intelligence

Je suis assez fier de ce titre. En fait, il vaut mieux que je sois fier du titre et de ce que je vais écrire, vu que ça ne va pas plaire à la quasi-totalité des décérébrés qui composent actuellement ce que l’on appelle sobrement les "forces de l’ordre". Je crois que parfois, ils mettent même des majuscules, moi non, je ne les aime pas.

Voyez, cela fait assez longtemps que je refuse de regarder les vidéos qui circulent sur les violences policières, que je refuse de lire les témoignages sur les (nombreux) abus de pouvoir, de position, sexuels où autres, commis par nos amis les vaches. Vous savez pourquoi? Parce que je me prends tout ça dans la gueule. Une décharge. C’est un mois, après, pour me remettre de ça. Vous pouvez dire que je suis un faible. Sans doute. Lâche, aussi. Mais je n’ai hélas pas besoin de tout ça pour être au fond du trou. Je m’abstiens de m’informer là-dessus par pur soucis de ne pas creuser ma tombe. Aujourd’hui, j’ai failli. Il faut dire que je n’ai pas bien regardé le descriptif de la vidéo. Je trouvais l’idée de construire un dôme des indignés sur le parvis de la Défense superbe. Une oeuvre d’art pour symboliser le mouvement. Et quoi mieux que l’art peut représenter l’humain? Quoi mieux que la sculpture, peinture, littérature, musique… pour signifier un monde en crise? On le dit hélas assez peu, mais pour connaître une société, il faut regarder sa culture. Ne pas écouter les chefs. Ne pas écouter l’ordre. Si vous voulez les maux, les joies, les rires, les peines, si vous voulez connaître les états d’âme d’une société, il faut entendre la culture, comprendre la culture, aimer la culture. Ecouter les chefs, c’est comme s’arrêter à la petite phrase qu’on met sur les oeuvres pour les vendre. C’est comme lire la couverture, et pas les pages intérieures. Ecouter les chefs, c’est s’arrêter à leur censure. Car, hélas, il a souvent une censure.

La censure est souvent un fantasme artistique. Être censuré par un pouvoir politique est la confirmation d’avoir bien dit, bien fait, bien réalisé. Ou plutôt : la confirmation d’avoir dit bien, et fort. Une sorte de label de qualité. J’aime les oeuvres censurées. La subversion dans l’art est encore le moyen le plus clair de définir l’espace de liberté qu’il nous reste. Et après les derniers évènements, que je vais vaguement relater, et beaucoup commenter ci-après, cet espace si nécessaire à la bonne santé de l’esprit, à l’émancipation, à l’humain, cet espace se réduit. Et si ce billet ne traite pas de toutes les violences policières, c’est que les attaques répétées, ces derniers temps, des "force de l’ordre" sur la culture, l’Art et l’intelligence collective me font penser que loin d’être un fantasme, le fascisme est plus près qu’on ne le croit. Juste une manière de ne pas me disperser.

Le pouvoir des mots

A Wall Street, comme vous le savez peut-être, un mouvement d’indignés (occupy Wall Street #OWS) a vu le jour, fin septembre. Zuccotti Park est rebaptisé "Liberty Plaza" et un campement y est installé. Ainsi qu’une "bibliothèque du peuple". Des caisses de livres sont exposées dans un coin de la place, permettant à chacun d’étendre sa culture sur divers sujet et thèmes, tels que l’économie, le libéralisme, le capitalisme… etc. Le 16 Novembre, la police de New York a détruit cette bibliothèque, pour des raisons que seuls de tels imbéciles peuvent connaître, et la totalité des livres ont été saisis, sans l’espoir, visiblement, de les revoir un jour.

Je ne sais pas pourquoi, peut-être suis-je naïf, mais cela m’a choqué. Et je ne suis pas le seul. L’écrivain Salman Rushdie n’a pas aimé non plus la destruction de la bibliothèque du peuple. Dans un tweet incisif, il déclare : "Les nazis détruisaient les livres pour "purifier" la culture allemande. Les bigots le font au nom de Dieu, ou d’Allah. Quelle est l’excuse de Bloomberg ? L’hygiène ?" Et met ainsi en avant le danger que représente cette action. Détruire la culture, c’est vouloir asservir la pensée, la neutraliser, l’anéantir. Détruire la culture, c’est nier ce qu’il y a de mieux en l’humain : la capacité de réfléchir, de s’émouvoir, de s’indigner, d’évoluer, de rêver.

Le Dôme

C’est hier, sur le parvis de la Défense, à Paris, que les indignés du mouvement #occuponsladéfense ont voulu installer un dôme, déclaré comme oeuvre d’art avec autorisation préfectorale jusqu’au 27 Novembre au soir. Mais à quoi sert de résumer, puisque tout est expliqué dans cette vidéo :

Voilà. Voilà le danger que représente aujourd’hui le pouvoir inouï accordé aux "forces de l’ordre" qui, hélas, n’ont jamais mieux porté leur triste nom. Les forces de police sont nécessaire, malheureusement, au fonctionnement de toute société. Mais leur pouvoir doit être restreint, encadré, et tout écart à cette loi, tout irrespect au citoyen et aux valeurs républicaines doivent être sévèrement punies. Ici, nous assistons aux actes barbares d’une milice fasciste, tels les crânes rasés qui parfois sillonnent les rues en recherche d’une cible à tabasser. Les imbéciles trouvent parfois un noir, un pédé, un arabe, un vieux, un moche, pour assouvir leurs petites pulsions d’hommes pressés. Ici les crétins sont en uniforme. La milice a le préfet en bandoulière, l’Ordre comme seule idée dans son petit crâne. Le virus obéissance, que Arendth définissait comme la banalité du mal. La banalité du "j’ai rien fait, j’ai obéis." Et bien si. Attaquer une oeuvre d’art, qui plus est illégalement, est toujours un crime. Attaquer la culture est le signe que le peuple aujourd’hui n’est plus libre. Que la pensée, l’esprit, l’Art, ne sont plus libres. Que dire fort est interdit. Que dire est interdit. Et qu’on ne viennent pas me ressortir ce putain de point Godwin, je connais la chanson. Ce truc remis à la mode par le tabloïd en ligne Rue89, et qui empêche ainsi tout devoir de mémoire, au motif que : "point Godwin".

Et je sais ce qu’à d’imbécile la formule "CRS=SS". Il n’y a pas mort d’homme. Non. Je dirais juste que certains autodafés ordonnés par un certain Joseph Goebbels, ministre du peuple et de la propagande, ne sont pas si loin de ces actions déplorables, et d’une imbécillité plus si rare de la part d’une police pour qui le mot "intelligence" est devenu la pire des vulgarités.

Je vous laisse sur le profond dégoût que m’inspire aujourd’hui leurs uniformes,

Sincères Condoléances,

Oskar Kermann Cyrus

Ω

2 réflexions sur “Nuit de cristal sur la culture : police VS intelligence

  1. En effet … Bienvenue à "la défense" au si lourd et explicite passé historique et pourtant si oublié … je suis sur que les nazillons en uniforme croient que ça a un rapport avec l’armée française .

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