La déviance en étendard

Helnwein / Manson (2003)

Helnwein / Manson (2003)

De la Bible à Mein Kampf, de Minute au Figaro, tous les torchons du monde vous ont montré qui exclure, et avec qui baiser.

La "déviance" est une notion de sociologie variable, donc creuse, désignant les comportements "non conformes aux normes sociales." En clair, tous les montons noirs qui ne suivent pas les bons précepts de "l’entrepreneur de morale": l’exemple à suivre, le gentil, le chevalier blanc. Comme toutes les notions accouchées par les porteurs d’une sacro-sainte morale, le mot se décline : "Déviance morale", désigne souvent les opinions politiques considérées comme dangereuses par le pouvoir en place (bien souvent : le communisme) ; "déviance sexuelle" désigne toute pratique sexuelle non reproductive, mais souvent bien plus saines que les bordels juvéniles de l’Eglise ; "déviance artistique" désigne toute oeuvre non conforme à l’insipide soupe culturelle moraliste souvent dirigée par l’Eglise (ou autre courant sectaire)… etc. Chaque siècle à sa déclinaison, de la "déviance politique" à l’infâme "déviance idéologique". Prétexte des pires génocides, complice des plus grands massacres, ce simple alibi fait encore les beaux jours de quelques dictateurs, de Benoit XVI  à Mubarak, en passant par Ahmadinejad. Lire la suite