Lettre au Conseil Constitutionnel

Je ne vous salue pas, et cela me paraît assez évident. Vous venez de confirmer et d’assumer le mépris qu’a votre loi et votre constitution envers les gens comme moi. Les "déviants", comme vous devez sans-doute penser. Sans doute ne lirez-vous pas cette lettre, et même si vous l’avez un jour entre les mains, sous les yeux, vous ne dépasserez pas les premières lignes. Grand bien vous fasse. D’autres la liront et vous jugeront comme moi. Vous venez vous-même de saper votre autorité, vous ne valez plus rien, pantins utiles vous étiez, pantins inutiles vous devenez, pantins crétins vous serez.

Aujourd’hui, vous avez confirmé l’interdiction du mariage homosexuel. Les homosexuels sont donc, à votre sens, inférieurs à votre "norme". Norme qui, comme l’ont montré de nombreuses études scientifique, n’existe pas. Vous êtes un peu comme ceux qui croyaient que les juifs étaient inférieurs, ou les noirs, ou les arabes, ou les autres… Oui, souvenez-vous de la déportation homosexuelle, car vous venez de les déporter une deuxième fois.

Bientôt, peut-être, vous exigerez que l’on porte un triangle de couleur rose. Bientôt, peut-être, pour aller au bout de votre logique, vous nous interdirez certains lieux, certaines places dans un bus ou dans un métro. Bientôt, vous nous parquerez dans un camp. Mais rassurez-vous, vous n’aurez pas à nous tuer.

Car par votre ignoble décision vous venez de cautionner cet holocauste silencieux qui se passe sous vos yeux. Ces jeunes homosexuels qui se suicident parce qu’ils sont persuadés d’être des monstres. Soyez heureux, alors, cela va s’accélérer, les morts vont pleuvoir et bientôt vous aurez un monde plus propre. Et j’espère que chaque jour, quand vous vous regarderez dans votre glace, vous verrez ces corps pendus dans la blancheur décrépie de votre sourire. Moi-même, chères marionnettes, je suis tenté. Mais moi, chères marionnettes, je suis une idée. Bien plus qu’un squelette recouvert de chair. Moi, chères marionnettes, je vous méprise.

Alors je vous avertis. Je ne respecterai la loi que quand la loi me respectera. Je respecterai votre constitution quand votre constitution me respectera. Mais ne croyez pas que je vous respecterez un jour, car moi, chères marionnettes, je n’oublie pas. Je ne pardonne pas.

Sincères condoléances,

Oskar K Cyrus

2 réflexions sur “Lettre au Conseil Constitutionnel

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  2. C’est une très belle lettre qu’ils liront peut-être s’il en ont le temps… Il est triste de constater que notre pays, considéré comme celui des droits de l’homme, est devenu le plus réac d’Europe avec la Pologne!
    Dmux

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