Le jour d’avant

Aujourd’hui dans mon carnet, plus grand chose de parfait. Dans ma tête un doux chaos se bouscule ; les mots, ces petits monstres gênants qui me harcèlent, déversant leur longue vomissure sur le gris brisé de ma cervelle. Ils frappent, et parfois, personne ne les laisse entrer. C’est la page blanche. La page blanche, ce n’est pas manquer d’inspiration, ne rien avoir à dire – dans ce cas précis, on écrit pas -, la page blanche, c’est avoir l’inspiration, avoir quelque chose à crier, mais rester muet sur le papier sale de vos taches d’encre, noire de votre indignation informe, avec des mots qui ne ressemblent même pas à des mots, des mots creux, des mots vides. Les mots frappent dans mon crâne mais rien de les laisse entrer. Ils frappent, ils frappent, et rien de les arrête, ils veulent entrer.

Toi. Corps absent, trois lettres jetées dans le vide. Je ne sais pas qui tu es – ni ton nom, ni ta voix -, je ne sais même pas à quoi tu ressemble. Tu me manque, là, à côté de moi. Absence confuse, désespérément vide.

Appel Lointain.

Je ne suis plus rien

Il me semble

Une nappe de brume

Un souffle fatigué

Un coeur livide

Il y a la nuit qui tache. Qui est là à vous chuchoter une fausse piste. Une mauvaise voix qui va vers un dernier ravin. La peur du suicide. Manipulé par la plume, on se laisse aller – jusqu’où? – on se laisse malmener, en espérant au bout l’écriture d’un chef d’oeuvre.

Rien ne vient de la nuit. Du silence. De l’absence. Beaucoup d’oubli. Une forte inspiration, mais peu de mots derrière, une folie qui vous prend, à vous frapper la tête. Simplement la démence.

« Oui! le Temps règne ; il a repris sa brutale dictature. Et il me pousse, comme si j’étais un boeuf, avec son double aiguillon. – « Et hue donc! bourrique! Sue donc, esclave! Vis donc, damné! » « 

Charles Baudelaire, « la chambre double« , in Le spleen de Paris.

Un simple corps vous dit : « vous êtes fou », et vous le devenez. La démence est un pensée magique. Que sont les liens de la raison? Que veut-elle dire? Sommes-nous sûr, sommes-nous certains? La folie est le domaine de l’incertitude et du mystère. Existe-t-elle vraiment…

Somme-nous certains?

Moi aussi, une bourrique, avançant péniblement sur les chemins de l’illusion. La terre dans les ongles à force de creuser ma tombe. La terre dans ma bouche à force de manger mes vers. La terre dans mes yeux, de pleurer sur mon sort, de me plaindre, de geindre, de mourir avec consentement aux pieds seulement de la liberté.

Je ne suis pas un saint, et je ne veux pas en être. Soyez heureux au paradis, j’essaierai d’être utile en enfer.

Sincères Condoléances,

Oskar K Cyrus.

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